Y-a-t-il un moment pour monter sa startup ?

 

L’entrepreneuriat est un concept qui séduit les français. Malgré la crise, et peut-être justement à cause d’elle, ils sont de plus en plus nombreux à décider qu’au prochain coup, ils seraient leur propre patron.

 

Mais alors qui sont ces français ? Il s’agit tout d’abord d’une grande majorité d’hommes et 57% ont moins de 40 ans. Et la question qu’ils sont tous amenés à se poser avant de concrétiser ce choix, est souvent : à quel moment dois-je monter ma startup ?

 

JOUER LA SECURITE

 

Globalement, on pourrait répondre à cette question de deux manières. Dans un premier temps, on peut considérer que la sortie d’école est un moment légitime, puisqu’on n’a pas encore de charges importantes : financières ou enfants. Une autre raison qui pourrait peser dans la balance : à 25 ans, on ne doit pas encore prendre le risque de quitter un premier emploi (ou un second) qui est accompagné d’une belle rémunération.

 

Par ailleurs, une fois qu’on a établi les avantages de cette première option, il s’agit de savoir si oui ou non on a les connaissances nécessaires pour qu’elle soit viable. Et c’est finalement la question la plus délicate. Peut-on, immédiatement après sa formation, monter son entreprise ? L’entreprenariat est de plus en plus présent dans l’enseignement supérieur. On tient compte de cette tendance qui grimpe, mais également de l’innovation. « E-management », « Gestion de projet », « Création d’entreprise », « Stratégies » sont autant de sujets traités dans les grandes écoles ou les masters d’université. Par conséquent, tout étudiant qui aura suivi ce type de formations, aura en principe quelques bases déjà solides, pour créer son entreprise.

 

En outre, de nombreux moyens sont mis à disposition des jeunes entrepreneurs, pour les aider à concrétiser leur projet. Guides, conférences, conseillers bardés de diplômes… Mais il existe aussi ce qu’on appelle des « accélérateurs de startup ». Il s’agit de programmes de plusieurs mois qui donnent accès à des mentors, à des spécialistes de l’environnement startup en France et en Europe, et à des investisseurs potentiels également. L’objectif étant de préciser son projet, et de bénéficier d’un certain nombre d’opportunités et d’outils de mise en pratique, particulièrement pertinents.  Par conséquent, monter sa startup à la fin de ses études n’est pas si fou qu’il n’y paraît. Il y a un marché qui permet de nous y accompagner, alors pourquoi ne pas l’envisager ?

 

OU… JOUER LA MATURITE

 

La seconde option serait d’attendre d’avoir quelques années d’expérience pour se lancer. En effet, l’insertion dans le monde de l’entreprise permet d’accumuler très rapidement un certain nombre d’expertises. C’est bien connu, rien de tel pour perfectionner son anglais, que partir un an à l’étranger. Suivant le même raisonnement, pour monter son entreprise, rien de tel qu’une immersion pour en comprendre les rouages. Le management d’une équipe ne s’apprend pas dans les livres ou les amphis. Nous froisserons sans doute les professeurs de Ressources Humaines pourtant, c’est le cas. Pour palier à cela justement, l’enseignement supérieur propose de plus en plus de travaux de groupe, mais rien ne remplace l’expérience «on the field ». D’autant plus que si vous  songez à créer votre propre structure, rien ne vous empêche de vous intéresser en profondeur à cette vie d’entreprise qui pourrait bien devenir la votre : comptabilité, gestion RH, gestion de projet, etc.

En revanche, les avantages de la précédente option deviennent les inconvénients de celle-ci. En effet, comment se donner les moyens de renoncer à un salaire pour risquer une aventure incertaine ? Et c’est d’autant plus compliqué si l’on a un loyer à payer, et pourquoi pas des enfants qu’il faut gérer : on dépense en moyenne 1500 euros de couches par an pour un enfant. Ça fait rêver… Avant de se lancer, il faut donc prévoir ce manque à gagner. Rappelons que « seulement » 52% des startups sont toujours actives 5 ans plus tard !

 

UN BON COMPROMIS

 

Une dernière option serait envisageable : démarrer sa startup quand bien même ce n’est pas notre activité principale. En France, ce choix concerne tout de même 51% des entrepreneurs. Malgré tout, nombreux seront les chefs d’entreprise qui vous diront qu’une startup, c’est un projet de vie. Or une vie, c’est à plein temps. Et difficile de joindre les bons interlocuteurs en soirée ou le week-end.

 

Par conséquent vous l’aurez compris, déterminer quand monter son entreprise est une affaire de choix très personnel. Tout dépend en fait de l’investissement que vous être prêt à faire, et de votre cadre de vie. N’hésitez-pas à en parler autour de vous, à vous enrichir de l’expérience des autres, et à faire un bilan double : celui de vos compétences, et celui de vos lacunes. Si vous vous posez encore des questions, adressez-vous par exemple à l’incubateur « Le Camping » qui disposera d’un certain nombre de réponses. Leur site internet est le suivant : http://www.mon-incubateur.com. « La Ruche » également (http://www.la-ruche.net/), ou encore « Cleantech » si vous êtes branché économie verte…

Autre source d’informations utiles, une interview à lire avec attention : http://www.etudiants.ch/cms/scarmag/011/pour-creer-une-start-up-une-idee-ne-suffit-pas

 

Pour le reste, on vous laisse faire.

 

A très bientôt, et surtout, restez connectés !